lundi 16 août 2010

Significations des mots, observation et description des choses matérielles et des êtres vivants en relation avec notre personnalité .





Dans le précédent et premier billet de ce nouveau blog Esiobreg , nous avons présenté l'Homme qui , parmi les premiers Éditeurs d'ouvrages de pédagogie destinés à l'enfance, a joué un rôle considérable : il s'agit , nous l'avons vu, de P.-J. Hetzel .

Dans ce deuxième billet , suite d'un avant propos commencé le 24 Juillet 2010 , nous allons présenter un texte qui nous permettra de faire comprendre la place , la nature et le rôle de l'enfant, mais également celui de l'éducateur et des parents dans la formation de celui qui, sera plus tard, un adulte opérationnel (propre à atteindre un résultat ; qui est adapté à la société dans laquelle il devra évoluer) ou non . Il s'agit d'un extrait du livre publié en 1909 par l'éditeur Ernest Flammarion dans sa Bibliothèque de Philosophie Scientifique : Les idées modernes sur les enfants dont l'auteur est Alfred BINET [ physiologiste et psychologue français, 1857-1911, élève de Jean Martin Charcot Professeur à l'hôpital de la Salpêtrière, 1825-1936] , à l'époque directeur de laboratoire des Hautes Études à la Sorbonne, à Paris .
Voici une partie de ce texte réaliste ...... et rempli de vérités ; débordant de constatations très instructives concernant le caractère spécifique des enfants révélé par leur façon de s'exprimer par écrit.

" Quelques portraits intellectuels "

" ... Nous avons montré, dans la section précédente, qu'il existe plusieurs méthodes de travail, qui sont très différentes . Ce n'est pas la seule manifestation dans laquelle les esprits expriment leurs différences ; les différences de mentalité se traduisent aussi par leur différence de contenu .On s'en aperçoit si l'on fait faire à des enfants ces sortes de devoirs où ils sont obligés de donner un peu d'eux-mêmes,

au lieu de reproduire simplement, en échos fidèles, la substance de ce que l'on leur a appris .

La rédaction (mais surtout la description d'objets,mais également des observations d'expériences, de phénomènes, ou d'êtres vivants) est certainement un des meilleurs moyens de connaître un fond d'esprit, à la condition, bien entendu, qu'on sache comment il faut la donner et comment il faut l'interpréter .

Je propose aux maîtres qui se plaisent à ces études de donner des sujets de rédactions ayant pour but le récit d'un événement réel, par exemple le compte rendu d'une promenade, d'un dîner, d'un voyage, d'une fête de famille ;on donnera aussi des rédactions ayant pour but de décrire un objet présent, un corps matériel, par exemple, une fleur, un porte-plume, un sou,"

[la description des étapes de la formation d'un glaçon dans le friseur d'un réfrigérateur et de ses aspects successifs, ce que nous vous proposerons de réaliser effectivement à la fin de ce billet]

" ou bien toute une scène, par exemple, une gravure intéressante et sans légende ."

Telle cette scène ci-dessous que Esiobreg vous propose





( vous pouvez agrandir l'image ci-dessus par un clic gauche ; puis revenir à la page précédente pour poursuivre votre lecture)

" On donnera aussi des rédactions destinées à surprendre le travail d'invention ; on fera imaginer une histoire une histoire autour d'un thème dicté, par exemple la mort d'un chien, et enfin on pourra terminer toute cette série d'épreuves en faisant développer une pensée morale, une règle de conduite, par exemple cette vérité abstraite : Pourquoi on ne doit pas se mettre en colère, ou bien un problème moral mis sous une forme d'anecdote : Un enfant a commis tel acte répréhensible . Si vous étiez son père que feriez-vous ?

Si on a la patience de dicter ces devoirs de rédaction à une trentaine d'enfants, et si on a surtout la patience d'analyser toutes les copies, on sera surpris de la variété qui s'y manifeste . Variété d'abord dans les écritures, puis dans la forme ; ici le développement a quatre lignes, là il couvre quatre pages . Le vocabulaire aussi est différent : ici ce sont surtout des substantifs ( tout nom qui désigne un être, une chose, une idée qui est l'objet de notre pensée ; le nom c'est la substance, donc la " substance moelle " de la phrase, si l'on reprend la célèbre expression de Rabelais : une formule que le père de Gargantua et de Pantagruel utilisa avec bonheur pour définir ce qu'il y a de plus riche en substance dans un écrit ...) ; ailleurs il y a plus d'adjectifs ou plus de verbes ; les mots d'une copie sont d'un style familier et grossier ; d'autres de race ( distinction ) plus noble , de sens plus abstrait .

Après le vocabulaire, la syntaxe ( arrangement des mots dans une proposition et des propositions dans la phrase selon les règles de la grammaire ; règles de l'arrangement des mots et de la construction des phrases ; " je crois que le premier peuple du monde est celui qui a la meilleure syntaxe. Il arrive souvent que des hommes s'entr'égorgent pour des mots qu'ils n'entendent {qu'ils ne comprennent } pas [ Anatole France] ) : certaines phrases sont courtes, réduites à des propositions simples, s'accrochant avec des conjonctions ou des locutions élémentaires, comme et, et puis, et après, et alors ; ailleurs apparaissent des car, des donc, des lorsque, des puisque qui montrent que les relations d'idées deviennent plus complexes . Et en même temps ce sont des propositions subordonnées qui s'ajoutent à la proposition principale qui la compliquent . Toute cette différenciation de grammaire et de vocabulaire est en relation étroite avec l'évolution mentale des enfants et on pourrait deviner leur âge par la syntaxe qu'ils emploient .

Mais, même entre les enfants d'âge égal, on trouve de ces différences, et elles sont dues aux causes les plus diverses : au degré d'intelligence de l'enfant, au milieu qu'il fréquente, et aussi au type mental qui est le sien .

Mais poussons plus loin notre analyse et, après avoir examiné ce qui constitue le contenant de la rédaction, voyons-en le contenu . Que de variétés encore ! Que de distinctions à faire ! C'est une occasion admirable pour acquérir le sentiment que chaque enfant possède déjà son individualité . En voici un qui, dans le récit d'une fête foraine, ne sait que faire l'énumération de tous les objets qu'il a vus ; il les note sans ordre, sans description aucune : " J'ai vu ceci, cela ... des chevaux, des voitures, des clowns, des animaux ..., " Un autre enfant se place à un point de vue bien différent : il raconte ce qu'il a fait ; il donne une série d'actions personnelles, en suivant à peu près l'ordre chronologique ; c'est toujours de lui qu'il parle (ainsi que Montaigne dans ses essais) ; il dit : " J'ai vu, je suis allé, j'ai mangé, j'ai bu, je suis monté sur les chevaux de bois ; après, j'ai fait ceci ... ; etc. " Il est comme le centre du monde . Un autre commence à décrire les objets extérieurs ; il est frappé de leurs couleurs et de leur formes ; il les peint, il les compare à d'autres, il a des métaphores qui prouvent avec quel intérêt il les a regardés : " Les chiens étaient de telle façon ; les perroquets avaient telle couleur " ; les comparaisons et les qualifications abondent .

Un autre fait de l'érudition : il coud à sa description des notions apprises en classe, il explique, il fait la leçon .
Un autre cherche un sens à la scène dont il a été le témoin, il fait effort pour deviner ce qui s'est passé dans l'âme des personnages, il dit pourquoi on est allé à tel endroit, ce qu'on y cherchait, ou bien il établit une relation, une logique entre les différents faits qu'il a perçus .
Un autre encore prend une attitude moins objective que les précédentes ; il juge, il apprécie, il donne son sentiment, il trouve la fête gaie, ou triste, ou bruyante ; il admire les chevaux et les voitures ; s'il s'agit d'une gravure, il déplore le malheur d'un personnage, il se montre pénétré d'émotion ; c'est charmant ; mais il faut un peu se méfier de la sincérité des rédactions ; ceux qui s'émeuvent le plus dans leurs rédactions ne sont pas toujours des enfants qui ont bon cœur ; déjà dès l'école on peut dire que " ce n'est là que de la littérature " .

Je ne puis actuellement traiter dans son ensemble ce vaste sujet de la classification des types mentaux . La question est encore trop neuve, trop peu étudiée ; mais je vais attacher un moment l'attention du lecteur sur deux types différents d'idéation qu'on rencontre constamment, si on prend la peine de les chercher, dans une classe d'enfants .

Je parlerai de ces deux types particuliers, parce que je crois les bien connaître ; mais il doit être bien entendu que ce ne sont point les seuls qui existent et qu'ils ne peuvent pas servir de base à une classification générale .

Ces deux types peuvent être désignés de noms divers, qui ne sont jamais complètement exacts ; on peut appeler l'un l'objectif, et l'autre le subjectif, mais ces expressions sont un peu vagues .

Le premier mérite aussi le nom d'observateur, et le second celui d'interprétateur ou d'imaginatif .

On peut dire aussi du premier qu'il est réaliste, positif, et du second qu'il est rêveur, contemplatif .

Toutes ces différences se ramènent à une distinction fondamentale dont il faut bien prendre conscience .

Nous nous trouvons, par notre nature même, en quelque sorte à califourchon (expression imagée :être situé entre deux domaines ; à cheval, en étant assis, comme sur une monture , les jambes de part et d'autre de la selle ) entre deux mondes : le monde extérieur, composé d'objets matériels et d'événements physiques, et le monde intérieur, composé de pensées et de sentiments .

Suivant les moments et les besoins, nous faisons d'une manière plus exclusive de l'introspection ( application réfléchie de la conscience à elle-même pour observer ses états et ses actes) ou de l'extrospection ( caractérise les procédés d'observation psychologique objectifs qui ne font pas appel à la conscience mais aux sens) .

Tantôt nous avons besoin de savoir ce qui ce produit autour de nous, tantôt nous cherchons à nous replier sur nous-mêmes pour réfléchir .

Regardez attentivement comment vit un individu, vous le verrez passer de temps en temps de l'attitude d'observateur extérieur à celle de songeur .

Mais nous n'avons pas tous les mêmes habitudes, les mêmes goûts, ni surtout le même tempérament .

Certains d'entre nous sont plutôt portés vers le monde extérieur, d'autres vers le monde interne . C'est ce qui constitue, dans les sciences par exemple, les deux grandes familles d'observateurs et de théoriciens ; ce sont deux grandes familles ennemies, qui ne savent jamais se rendre justice l'une à l'autre ; pour les théoriciens, l'observateur exclusif se dépense à recueillir des faits exacts, mais sans intérêt, ce qui est en partie vrai ; pour les observateurs, les théoriciens perdent leur temps à inventer des interprétations intéressantes, mais inexactes, et cela aussi est en partie vrai .

Il est évident que ces deux tendances d'esprit sont incomplètes,fragmentaires ; il faudrait, non pas seulement les faire coexister et être à la fois observateur et interprétateur , mais encore les souder, être interprétateur de ce qu'on a observé, ou observateur dans le sens de ce qu'on interprète .

Pour prendre une image matérielle, l'idéal d'un savant complet n'est point d'avoir à la fois une vis et un écrou, mais un écrou adapté à la vis .

Il n'est pas difficile de démêler chez de jeunes enfants des dispositions naissantes vers l'observation externe ou vers l'introspection ; mais ce ne sont point là des analyses qu'on fait commodément dans les écoles ; les écoliers nous y sont trop peu, trop mal connu individuellement ; on ne fait sur eux que des constatations bien superficielles . Il faut avoir fait ailleurs la psychologie des types intellectuels pour être en mesure de la retrouver chez les écoliers . Le hasard a voulu que dans ma propre famille, il y a quelques années, j'ai trouvé deux fillettes qui présentaient, dans une opposition intéressante , le type de l'observation et celui de l'interprétation . Ces deux fillettes étaient presque du même âge, elles avaient onze ans et douze ans et demi à cette époque, elles recevaient intégralement l'instruction dans leur famille, et elles étaient ainsi soumises à des influences extérieures qui étaient aussi pareilles qu'on puisse le souhaiter ; par conséquent, les différences mentales qui les séparaient étaient bien dues à leur nature propre . J'ajouterai que j'ai pu les étudier pendant plusieurs années, tous les jours, faire avec elles un nombre immense d'expériences, qui étaient contrôlées par des observations directes de leurs parents et de moi-même ; et c'est là que pour la première fois je me suis convaincu que la méthode des tests, pour analyser les esprits, est une méthode remarquable ; il est vrai que j'ai pu l'employer à fond et que je ne me suis jamais contenté d'une réponse douteuse ou d'un résultat équivoque .

C'est d'abord dans les descriptions d'objets que Marguerite, l'aînée des deux fillettes, atteste sa tournure observatrice . On prie les deux sœurs de décrire - on n'emploie pas d'autres expressions - un petit objet qu'on leur montre ; on ajoute que la description doit être faite par écrit, et constamment on obtient de Marguerite une description du genre suivant :

Description d'une feuille de marronnier par Marguerite ( Durée : 11 minutes 15 secondes) .

~ La feuille que j'ai sous les yeux est une feuille de marronnier cueillie en automne, car les folioles sont presque toutes jaunes, à l'exception de deux, et une est à moitié vert et jaune . ~Cette feuille est une feuille composée de sept folioles se rattachant à un centre qui se termine par la tige nommée pétiole, qui supporte la feuille sur l'arbre . ~Les folioles ne sont pas toutes de la même grandeur ; sur sept, quatre sont beaucoup plus petites que les trois autres . ~Le marronnier est un dicotylédone, l'on peut s'en apercevoir en regardant la feuille, elle a des nervures ramifiées . ~En plusieurs endroits, la feuille est tachée de points de couleur rouille, une de ces folioles a un trou . ~Je ne sais plus que dire de cette feuille de marronnier . ~

Description exacte, méticuleuse, sèche, abondante, avec des traces d'érudition .

Voici la description d'Armande, la cadette, faite le même jour et avec la même feuille :

Description d'une feuille de marronnier par Armande ( Durée : 8 minutes) .

~C'est une feuille de marronnier qui vient de tomber languissamment sous le vent de l'automne . ~La feuille est jaune, mais encore raide et droite, peut-être reste-t-il un peu de vigueur de cette mourante ! ~Quelques traces de sa couleur verte d'autrefois sont encore empreintes sur les feuilles, mais le jaune domine : une bordure brune et rougeâtre en orne le contour . ~Les sept feuilles sont toutes fort belles encore, la tige verdâtre ne s'en est point détachée . ~Pauvre feuille, maintenant destinée à voler sur les chemins puis à pourrir, entassée sur bien d'autres . Elle est morte aujourd'hui ... et elle vivait hier ! Hier, suspendue à la branche, elle attendait le coup fatal qui devait l'enlever ; comme une personne mourante qui attend son dernier supplice . ~Ma feuille ne sentait pas son danger, et elle est tombée doucement sur le sol . ~

Armande, la sœur cadette, a écrit plus rapidement que sa sœur, elle a été moins inspirée par l'objet ; elle donne moins de détails matériels que Marguerite, et les détails qu'elle note sont subordonnés à une impression générale d'émotion, produite par l'idée que la feuille d'automne va mourir .

Des dizaines de descriptions d'objets, faites par les deux sœurs, ont toujours montré la même différence : du détail, de la précision, de l'observation chez Marguerite ; vague et poésie chez Armande . Inutile d'ajouter - et nous le disons une fois pour toute - que chacune des fillettes ignrait la rédaction de sa sœur ; elles avaient promis de n'en pas parler entre elles, et je sais qu'on peut se fier complétement à leur parole .

La description d'un objet absent donne lieu aux mêmes différences de description . A cette époque, nous habitions Meudon (Sud-Ouest de Paris, à 35 minutes de la Tour Eiffel) ; et, près de chez nous,il existait une belle maison, toujours inhabitée, et que nous avions souvent visitée . Je demande aux enfants de la décrire .

La narration de Marguerite commence ainsi :

" La maison Lar...

" L'autre jour, je me promenais dans la rue du Départ, lorsqu'une grande affiche accrochée à la grille d'un jardin attira mon attention . Il y avait peu de temps que je connaissait Meudon, et c'était la première fois que je remarquais cet écriteau ; je m'approchai donc, et je vis écrit : Grande maison à vendre ou à louer ; s'adresser : 1° à M.P....,notaire à Meudon ; 2° à M.M...., 23,rue de Rennes, Paris . -
C'était un peu loin, et, comme je suis curieuse, je me dis : si je sonne ici on sera bien forcé d'ouvrir, et si le concierge est accommodant, j'entrerai !
" Je sonne donc,et, au bout d'un petit instant, la porte s'ouvre, quoiqu'il n'y eût personne, on l'ouvrait de la cuisine [ainsi que je le sus plus tard] . J'entrai dans une belle allée, pleine de gravier, bordée d'arbres assez touffus, et de petites roches où croissent des genêts . De chaque côté de la porte, sur une petite hauteur, se trouvaient deux terrasses, la belle allée était au milieu dans une sorte de bas-fond, elle était très droite ; au bout, on voyait un grand et large escalier, et au-dessus une marquise, là encore une sorte de terrasse où donnaient des fenêtres ; c'était la maison... A peine étais-je entrée qu'un petit chien noir arriva en aboyant, d'une voix d'un timbre très clair ; au même instant, un jardinier aux cheveux gris vint auprès de moi, je lui exposai le but de ma visite, il consentit à me faire visiter sa maison . Nous commençâmes par le jardin, il était beau, deux belles pelouses ... etc. " ( l'orthographe du texte est celui transcrit par Binet)

La rédaction se poursuit longuement, avec une exactitude surprenante de description ; elle ne contient que la très légère fiction d'une visite . Aucun détail n'est inventé .

Voici la rédaction d'Armande :

" La maison déserte .

" Imaginez-vous une grande et superbe maison inhabitée que le passant admire lorsqu'il l'aperçoit au fond d'une allée de massifs embaumés . Le jardin est grand et désert ; lorsque le vieux Janvier vient y faire son tour, il n'y trouve jamais que les arbres couverts de neige éblouissante, que les chemins couverts d'hermine blanche ; c'est triste, c'est lugubre ; tout au fond de ce jardin solitaire tremblent les restes d'un vieux portique, sur lequel les corbeaux viennent sinistrement croasser lorsqu'ils n'ont plus rien à faire . C'est mortel de vivre dans cette maison aux fenêtres closes, aux rideaux tirés ; les vieux pianos dorment dans les salons, reposant leur cordes anciennes, les fenêtres ne s'ouvrent plus, tout est usé, rouillé par le temps et surtout l'inaction ; tout respire une odeur âcre de la pièce qu'on n'aère pas . Les vieux fauteuils se regardent tristement comme de vieux camarades habitués à vivre ensemble, ils se regardent de leurs dorures éteintes, et les grandes statues se plaignent amèrement de leur solitude ; il fait froid au dehors, et on ne chauffe pas la maison, qui tremble de douleur ; les chaises s'approchent inutilement de la cheminée jadis flamboyante !
Mais lorsque le printemps vient rayonner, et rendre la vie aux arbres, les lilas fleurissent comme l'aubépine, le soleil mûrit les fruits, les oiseaux gazouillent, la vie renait au sein du jardin qui soupire, avec le zéphyr qui caresse les têtes embaumées des lilas " .

C'est toujours la même différence . Ici, plus de concision, plus de vague, plus d'émotion, plus de poésie .
Si on fait faire aux deux sœurs par écrit le récit d'une promenade, Marguerite donne un récit copieux, bourré de détails exacts, bien observés, et sans grand commentaire . Au contraire, le compte rendu d'Armande reste bien plus incomplet, plus flou, plus émotif et plus interprété . Il nous paraît évident qu'Armande attache moins d'importance au monde extérieur qu'aux émotions qu'elle en tire .

J'ai cherché à multiplier les épreuves pour voir sous toutes leurs faces ces deux attitudes mentales si curieusement opposées [...] " ( à suivre ) .

Le commentaire de l'ensemble de ce texte de Binet sera réalisé dans le troisième avant-propos qui va suivre .

Fidèlement votre, avec tout notre dévouement, Esiobreg , petite sœur de Gerboise .

samedi 24 juillet 2010

Introduction à ce nouveau blog :Hommage au précurseur et auplus généreux éditeur de livres pour la jeunesse P.J. Hetzel ,sa pédagogie et son éthique .



Gerboise à l'honneur de vous présenter sa petite sœur " Esiobreg " qui s'adressera aux jeunes élèves en présence de leurs parents . Dans les billets qui vont être présentés, au cours des temps à venir , dans ce nouveau blog : " Lire, écrire, réfléchir et comprendre ; observer et décrire " , seront différenciés, en vue de les distinguer, les courts textes { destinés aux parents,caractérisés par une taille de police de caractères plus petite , présentés entre accolades, comme ici } par rapport aux documents et messages adressés à la jeunesse , nos futurs lecteurs .

Exceptionnellement, dans les trois premiers " billets " de présentation de "Esiobreg ", cette différenciation entre les deux catégories de textes destinés, l'un aux parents, l'autre aux jeunes , ne sera pas utilisée .

La plupart des images présentées pourront être agrandies en réalisant sur elles un clic gauche .Ensuite il suffira de revenir à la page précédente pour poursuivre la lecture du texte des pages suivantes .

Il est évident qu'il faudra considérer de très nombreux point de vue pour aborder un sujet de cette importance qui va concerner beaucoup de contextes dans lesquels évoluent les membres de notre jeunesse . C'est pour cette raison que notre avant-propos,[ sorte d'introduction ], sera développé dans plusieurs billets au début de ce blog . Nous alternerons cependant, pour les enfants et les adolescents, des billets spécifiques à la maîtrise du langage et donc à l'expression de leur pensée . Ces billets seront utiles également aux parents qui voudraient suivre l'évolution, la progression, des éléments présentés que nous pensons être indispensables dans le développement de nos outils de communication et de réflexion .

Nous adopterons dans ce nouveau blog Esiobreg le même procédé, utilisé dans le blog Gerboise pour introduire un texte explicatif, par exemple : (entre parenthèse et en couleur mauve claire ) .
Exemple 1 : La calligraphie ( art de bien former les caractères d'écriture ) enseigne à bien écrire ; la morale ( les valeurs, les règles de vie proposées, l'ensemble des problèmes relatifs à la conduite d'un individu dans sa vie personnelle et dans sa vie sociale ) à bien vivre . L'une nous montre comment il faut tenir sa plume ( son crayon, son stylo ) et la conduire (former les lettres) sur le papier, l'autre comment il faut tenir la bonne route et se conduire ( se comporter) dans la vie .

Exemple 2 : Expliquer (démontrer, commenter dans l'intention de faire comprendre, éclaircir en donnant des raisons) un phénomène qui doit se produire lors d'un essai expérimental, ou du moins que l'on espère voir apparaître lors de l'expérimentation ; expliciter (rendre plus clair, plus compréhensible, préciser, affiner une explication de manière à écarter l'incertitude et à rendre inutile toute explication ) les véritables causes (divers mécanismes) de la présence de ce phénomène, de ce fait (ce qui a eu lieu réellement, qui existe matériellement) qui s'est produit lors de l'expérience .

Attention : si vous êtes certain que les différents sens du mot, [ou de l'expression] et surtout ceux correspondant au contexte de la phrase, vous sont connus réellement [ ! ] vous pourrez alors (dans ce cas seulement) " faire abstraction " (c'est-à-dire écarter par la pensée) , du contenu de la parenthèse, et lire le texte sans tenir compte des explications [ significations ] proposées .

L'apprentissage, l'assimilation de nouveaux mots ou de nouvelles expressions se fait de manière personnelle, par émulation (envie, ambition généreuse d'égaler ou même de surpasser quelqu'un qui a du mérite ; l'émulation est un noble sentiment auquel ne se mêle aucune prétention de priver quiconque de ses droits) . Quelqu'un emploie un mot qu'on ne connaît pas, on voit à peu près de quoi il s'agit, et on fait des hypothèses sur sa signification avant de le réutiliser soi-même devant d'autres . On ne va qu'exceptionnellement [ce qui une faute non excusable] vérifier son sens exact dans la phrase en question dans un dictionnaire . Une des conséquences évidente, certaine même, de ce mode d'apprentissage est que, si nous saisissons mal le sens d'un mot nouveau pour nous, si nous le réutilisons de manière incorrecte, nous allons répandre un faux sens, qui pourra, selon le même procédé, s'enraciner chez nos interlocuteurs, et de préférence chez nos interlocuteurs privilégiés, autres enfants ... L'utilisation incorrecte d'un terme (mot) , avec un sens qui n'est pas le sien (là, où il est utilisé) est un phénomène typiquement contagieux .





Cette merveilleuse image d'une jeune Gerboise [appelée dans ce nouveau blog " Esiobreg "
]
extraite du site :

De l'aurore au crépuscule [ le site internet " Blog Archive ", Gerboise du désert ] , illustre d'une manière remarquable les coutumes d'un de ces petits êtres fabuleux avec lesquels j'ai passé quelques années dans les sables du Sahara Occidental, dans les couloirs du reg (sol pierreux) entre les immenses cordons de dunes de l'Erg Chech, au Sud de la Sahoura,à l'ouest de Reggan et de " Bidon V " et de la piste qui relie Adrar à Gao [ qui relie le Nord de l'Algérie au Mali et au Niger, à travers les étendues Sahariennes] .

Le texte associé à cette image relate certains aspects du mode de vie des gerboises, et vous pourrez en prendre connaissance .

Mais, qui n'a pas observé et vécu parmi les gerboises dans les sables sahariens, ne peut " porter aux nues " , faire valoir, s'enthousiasmer pour ce petit être animal étonnant, attachant, ensorceleur devant un morceau de fromage présenté à son regard perçant, effronté, mais également plein de courage et de malice, de tactiques de combat lors de ses engagements de luttes à mort avec les vipères à cornes du désert . Elles semblent suivre des stratégies de combats préparées anticipées avant l'affrontement final et réaliser toute une série d'escarmouches en vue d'arriver à ses fins : décapiter la tête du reptile et partir enfin avec le reste du corps encore agité de soubresauts .

C'est en souvenir de ce petit être lucide qui, lors de ses " barouds " ( combats : baroudeur, personne qui aime partir à l'aventure et prendre des risques) pleins de courage et d'adversité, nous a sauvé la vie, à nous, les nombreux géologues pétroliers prospecteurs,souvent à pied, par dunes et regs ( par monts et par vaux, partout, de tous côtés ) qui parcoururent ce magnifique et redoutable désert que sont ces immenses espaces Sahariens .





Pourquoi, pour quelles raisons et quels intérêts, avoir fait figurer ces trois illustrations de Hetzel qui seront présentes dans la marge de chaque billet ?

Surtout pour honorer, mais par dessus tout, rappeler la place considérable prise par cet Éditeur et Écrivain méconnu qui publia de très nombreux ouvrages concernant les enfants, les adolescents et même des adultes passionnés .

Pierre-Jules HETZEL, 1814-1886, personnalité étonnamment riche et sympathique, éditeur par vocation, a fait du 19e siècle le grand siècle du livre .

Victor Hugo, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Georges Sand, Alexandre Dumas, Jules Verne, Alphonse Daudet, Stendhal, Nadar, ses auteurs et amis, lui doivent en partie leur succès .

[ Mais il ne faut pas oublier de citer également Louis Hachette, son rôle crucial dans l'édition des livres d'enfants et en particulier ceux de La Comtesse de Ségur née Sophie Rostopchine ] .

Des admirables volumes illustrés de Jules Verne au succès foudroyant de Sans Famille, Hetzel, découvreur, promoteur et défenseur de talents d'écrivains, a converti au culte de la lecture un vaste public .

La famille au grand complet était en effet le public de prédilection des œuvres qu'il publiait . Le libéralisme, la conception et la commercialisation dynamique qui animèrent pendant quarante ans :

"Le magasin d'éducation et de récréation"

furent résolument modernes avant de servir de modèle à l'actuelle presse destinée à la jeunesse .

Peut-être est-ce un trait de sa personnalité que d'être en retrait, bien qu'il ait été au cœur de l'événement . Il fut présent, mais dans l'ombre, lors des premiers mois de la IIe République . Sans ses bons services, les Contemplations [Victor Hugo,1855] n'auraient pas connu le succès considérable qui fut le leur .

Les contributions de Verne dans le "Magasin d'éducation et de récréation " ont fait injustement oublier la présence du directeur-gérant de la revue, tout aussi capitale . Il est vrai que cette contribution aime à se dissimuler sous un pseudonyme, ici " J.-P. Stahl " , là "Un papa " .

En se faisant le découvreur et le défenseur de talents, il a pu écrire, lui-même, romans, nouvelles, récits, adaptations, qui mériteraient mieux que l'oubli ou que la Bibliothèque verte .

La Bibliothèque verte est une collection de livres éditée par Hachette et destinée aux enfants et aux adolescents, se caractérisant par la couleur verte de sa couverture.

À sa création en 1924, elle est conçue pour rééditer les grands classiques de la littérature de jeunesse, en particulier les auteurs du fonds Hetzel racheté par Hachette et dont le plus connu est Jules Verne.

C'est à partir de 1948 que des nouveautés paraîtront en nombre significatif dans cette collection qui fut régulièrement rajeunie jusqu'à nos jours.

S'il n'a pas connu comme auteur la gloire de presque tous les écrivains qui sont devenus grâce à lui les représentant du XIXe siècle , il est resté un éditeur actif .

P.J. Stahl , alias ( autrement appelé) P.J. Hetzel , ne faisait pas de mystère de son goût pour la morale à destination de la jeunesse . Il se délectait (prendre un très grand plaisir à quelque chose) de son rôle . L'auteur Stahl s'adjoignit un conteur incomparable [Jules Verne] et un merveilleux pédagogue [Jean Macé] . A eux trois, ils se partagèrent le domaine de l'intelligence enfantine :

-A l'un, l'imagination ;

-A l'autre, la science et les expériences éducatrices ;

-Au troisième, c'est-à-dire au premier, la morale sous toutes ses formes , tantôt grave comme une leçon, tantôt amusante comme un conte, tantôt gaie comme une scène de comédie, tantôt vaillante comme un trait d'héroïsme .

" Là devra être l'unité de notre œuvre, qui pourra, si elle réussit, contribuer à augmenter la masse des connaissances et d'idées saines, la masse de bons sentiments, d'esprit, de raison et de goût qui forme ce qu'on pourrait appeler le capital moral de la jeunesse intellectuelle de France .

Ce faisant, Stahl soutient avec vigueur une conception renouvelée de l'éducation dont l'idée maîtresse peut se résumer ainsi : les enfants, au même titre que les adultes, ont droit au respect . Or respecter l'enfant, c'est d'abord exiger pour lui le meilleur, tant dans la présentation matérielle des ouvrages qu'on lui destine que dans la qualité de l'illustration, du texte et de l'écriture ; respecter l'enfant, c'est aussi, tout en tenant compte de son âge, lui parler un langage qui soit celui de l'intelligence et de la raison, qui touche la sensibilité et stimule la réflexion, qui nourrisse l'esprit et le cœur . Bref, donner à l'enfant, dès le plus jeune âge, de vrais livres, de vrais textes (qui font réfléchir, qui apportent à l'esprit de la cohérence, qui comme l'évidence, font apparaître clairement l'essentiel, et font admettre comme vrai, autant les arguments irréfutables que, comme faux, ceux qui ne le sont point ,donc réfutables [contredits victorieusement en prouvant qu'une proposition, un argument ne sont pas fondés) , critiquables ) , de beaux livres, de bons livres, des lectures qui excitent l'intérêt, éduquent le goût et élèvent l'âme, l'esprit de réflexion, d'observation ; telle a été, tout au long de sa carrière, l'ambition de l'éditeur Hetzel, et, c'est aussi l'objectif que s'est assigné l'écrivain moraliste P.J. Stahl .

Persuadé que la morale, [les différentes valeurs ] , comme la raison, est de tous les âges, Stahl considère qu'il n'y a pas à proprement parler de morale spécifique à la jeunesse : " ce qui est vrai pour l'enfant, le jeune homme et la jeune fille, écrit-il, est vrai pour tous " C'est donc seulement dans le choix des sujets que le moraliste ( auteur de réflexions sur la conduite, les principes de vie, sur la nature et la condition humaines ; personne qui par ses paroles, ses écrits, , son exemple, donne des leçons, des préceptes d'éthique) s'est soucié de son public : mais la morale[les enseignements, les leçons de savoir faire, de savoir être] qu'il propose à la réflexion de ses lecteurs exclut toute forme de puérilité (de futilité caractère de ce qui est dépourvu de sérieux, qui ne mérite pas qu'on s'y arrête, insignifiant) .

Plutôt que de multiplier prescriptions et interdits, Stahl [Hetzel] préfère solliciter la compréhension (faculté de comprendre, d'assimiler le sens des réalités en question , d'intégrer la signification des choix de toute nature ; mais également la possibilité d'être compris, qualité par laquelle on est capable de capter les messages d' autrui ; la largeur d'esprit qui permet de se mettre à la place de l'autre, de s'entendre avec lui ) de l'enfant . Ainsi, quand il choisit d'enseigner aux enfants le savoir vivre là où l'on s'en tient généralement aux rudiments de la politesse, il n'impose pas l'obéissance à un code édicté (établi, prescrit par une loi, par un règlement, décrété) par l'adulte, mais il recherche l'adhésion réfléchie à une conduite raisonnable . Sa morale, son éthique n'est pas un dressage : aussi n'abuse-t-il pas des préceptes, des sentences, préférant prendre appui sur l'expérience, les exemples vivants et la réflexion personnelle pour éveiller la conscience morale de son jeune public et aider chacun, selon ses forces, à avancer dans le chemin de la raison . Tel il conçoit son rôle de père auprès de ses enfants, tel son rôle de moraliste auprès de ses lecteurs .

Grandir et travailler, c'est-à-dire s'employer à fonder un avenir meilleur sur le progrès de la raison .

On découvre ici l'ambition majeure de Stahl et l'unique raison d'être de son action moraliste, sermonneur . S'il combat les chimères et les leurres de l'imagination, s'il fustige ( blâmer violemment , réprouver) la paresse et l'indolence, s'il encourage tous les écoliers et les collégiens à faire preuve d'application et de ténacité pour progresser sur le difficile chemin de la connaissance, ce n'est pas seulement parce qu'il est convaincu de la valeur morale, cette disposition de l'esprit, du bon sens et du travail : c'est l'avenir de la nation qui est en jeu, et l'objectif offert aux écoliers de France est moins celui du succès personnel que la participation active à une grande aventure collective dont l'École doit être l'instrument efficace .

Dans l' École telle qu'il la conçoit, Stahl reconnaît l'armée des temps nouveaux, engagée dans le grand combat de la connaissance et du progrès où se joue le salut de l'humanité :

" Une classe, écrit-il, c'est une sorte de régiment en marche contre un ennemi commun : l'ignorance ; à la conquête d'un bien commun : la science " .

En invitant tous les enfants de France,filles et garçons et , à prendre conscience de leur appartenance à la communauté nationale et à se pénétrer des responsabilités qui en découlent, en liant la formation individuelle à l'avenir collectif, en donnant en d'autres termes une dimension civique à l'instruction et à l'éducation, le moraliste met l'accent sur une notion essentielle, l'idée de solidarité, qui, d'une manière plus précise et plus large que l'idée chrétienne de fraternité, éclaire sa conception de la société . La solidarité est un fait : elle désigne les liens qui unissent matériellement les membres d'une même communauté .

Mais c'est aussi un devoir qui commande le respect d'autrui, de sa dignité et de son travail, quel que soit son rang social, quelle que soit aussi la couleur de sa peau .

On lira sur ce point, dans les Quatre peurs de notre général , le récit de l'amitié qui finit par lier, dans son collège parisien, le jeune Jacques à un condisciple singulier, un collégien noir, dont on murmure qu'il est peut-être fils d'un roi africain . C'est l'occasion pour Stahl d'inviter ses lecteurs à combattre un préjugé racial absurde et tenace, que les enfants, mieux que les adultes peut-être, sont en mesure de dépasser .

A l'enfant, cet adulte de demain, Stahl n'hésite donc pas à proposer, dans un langage toujours accessible, des sujets de réflexion d'une particulière gravité .

C'est dans ce contexte d'un grand projet éducatif que Pierre-Jules Hetzel lança le 20 Mars 1864, le Magasin d'Éducation et de Récréation qui, dès la troisième année, portait sur la page de titre " Journal de toute la famille " : il était ainsi souligné que l'éducation est affaire collective .

Le public visé était la famille : " Il s'agit pour nous " , écrivait Hetzel de " constituer un enseignement dans la maisonnée, dans le vrai sens du mot, un enseignement sérieux et attrayant à la fois, qui plaise aux parents et profite aux enfants " .

Hetzel voulait donc informer et divertir un double public - enfants et adultes," anciens " et "nouveaux lecteurs " . Afin de fournir une information scientifique solide, Hetzel s'entoura, comme il l'avait fait en 1843 pour les œuvres littéraires, de scientifiques reconnus : l'entomologiste Fabre, le géographe Elisée Reclus, l'astronome Camille Flammarion, l'architecte Viollet-le-Duc, le chimiste Henri Sainte-Claire Deville, l'économiste Maurice Block , etc .

" C'est la science qui est l'âme du livre ; on n'y prêche pas, on instruit " .

C'est la récupération ( l'adoption) de l'œuvre de Jules Verne par l'école laïque qui a aussi assuré le succès de cette entreprise monumentale . Le Magasin d'Éducation et de Récréation survécut à la mort d'Hetzel . Ce n'est que la Première Guerre Mondiale qui vit sa disparition en 1915 . Le fond fut racheté, avec bonheur, par les Éditions Hachette .

Cette œuvre, cette ouverture sur le monde, facilitait l'approche au texte d'enfants d'origine sociale variée ; par les valeurs proposées en exemple :

- curiosité, ténacité, travail, volonté de réussite -

elle satisfaisait les idéaux de l'école publique .



Cette deuxième image " Les Voyages Extraordinaires " met en valeur l'ensemble des personnages dans l'œuvre de Jules Verne magnifiée ( glorifiée , exalter les hautes qualités de ses ouvrages ) , mise en valeur, illustrée, portée à la connaissance du monde par Pierre-Jules Hetzel .




Cette troisième image conçue par Hetzel, illustre toutes les scènes représentant les activités de lecture des enfants dans différentes conditions . Elle est une apologie ( discours, écrit visant à défendre, à justifier une philosophie, ici éducative) mettant en valeur la principale activité de sa maison d'édition .


Cette présentation de la personnalité et de l'œuvre de Pierre-Jules Hetzel est un hommage à ce prestigieux éditeur et écrivain dont l'action éducative et culturelle fut une des premières dans le monde .

Cependant, il ne faut pas passer sous silence, deux personnages qui à la même époque créèrent leur Maison d'édition :

Louis Hachette,
1800-1864, [normalien] qui publiera les ouvrages de la Comtesse de Ségur , 1799-1874 , eut l'idée d'installer des points de vente dans les gares . Il créera son entreprise en 1828 .
Il fondera des Périodiques, par exemple : La Revue de l'instruction publique et le Manuel général de l'instruction primaire . Son génie du marketing est à l'origine de l'idée de proposer aux libraires de leur faire parvenir un exemplaire de toutes ses parutions, avec la possibilité de les lui renvoyer si elles n'étaient pas vendues au cours de la première année . Ce système est devenu l'Office : mode d'approvisionnement tel qu'on le connaît de nos jours .



Armand Colin,
1842-1900, crée en 1870 , lui aussi une Maison d'édition .

Éditeur des manuels scolaires ; sa première grammaire, parue en 1871, atteindra le million d'exemplaires en 1878 . Il s'attachera Paul Bert pour les Sciences naturelles et en collaboration avec le géographe Vidal de la Blache, éditera les premières cartes murales des salles de classe En 1880, il éditera surtout les 27 volumes de l'Histoire de France de Lavisse .

Il était difficile de créer notre blog " esiobreg " , dans lequel l' " éducation et la récréation " , les livres et la lecture et l'écrit, vont jouer un si grand rôle , sans mettre en valeur cet homme " Hetzel "éprit de sagesse et de créativité .

Nous avons éprouvé le besoin de vous le faire connaître le mieux possible car, il restera toujours présent dans notre esprit, lors de la construction de toutes les pages qui vont suivre.

Fidèlement votre, avec tout notre dévouement , Esiobreg , petite sœur de Gerboise .