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mardi 8 mars 2011

La sincérité*, cette disposition à reconnaître et à dire la vérité sans chercher à se tromper soi-même ni à tromper les autres ...

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* sincérité : Qualité de celui ou celle qui dit la pure vérité, qui ne cherche pas à tromper, qui parle ou qui est sans artifice, sans déguisement .

" La sincérité est une ouverture de coeur qui nous montre tels que nous sommes ; c'est un amour de la vérité, une répugnance à se déguiser, un désir de se dédommager de ces défauts et de les diminuer même par le mérite de les avouer " . La Rochefoucauld

" Il est bien adroit d'être sincère : en avouant ses fautes, on se donne un mérite qui les rachète, une bonne grâce qui les fait tolérer, comme, en avouant ses torts, on s'inflige une humiliation peu sensible qui expie la faute, honore le coupable et flatte l'offensé " Sully Prud'homme



Préambule de ce merveilleux ouvrage de Elsa Godart publié aux éditions Larousse en 2008 [ 17 euros] : La Sincérité, ce que l'on dit, ce que l'on est , que " Gerboise " et " Esiobreg ", sa petite soeur vous recommandent, toutes les deux, de lire et d'approfondir . Cette sorte d'avant-propos de l'auteur : ce préambule [ est ce qui se dit ou s'écrit avant de commencer quelque chose ] , est d'une richesse d'idées extraordinaire ; il est exprimé dans un français exemplaire dont vous pourrez vous imprégner .

Voici ce texte :

"" « Pour être sincère, il faut cesser de l'être » . Cette affirmation du philosophe Vladimir Jankélévitch annonce d'emblée ce qu'est la sincérité : un paradoxe ( proposition contraire à l'opinion commune , couramment admise et qui choque les idées reçues) .

Nous portons tous en nous une exigence de sincérité sans toutefois parvenir à la réaliser . La question de la sincérité se pose dans nombre domaines : dans nos relations avec les autres et avec nous-mêmes, dans notre usage du langage ; elle soulève un problème de morale, elle engage notre volonté et elle détermine notre rapport avec le mensonge .

Suis-je sincère ?
Comment l'être ?
Faut-il l'être ?

Autant d'interrogations que nous nous sommes déjà faites et auxquelles il n'est pas facile de répondre . C'est en cela que le thème de la sincérité intrigue et intéresse .

Il me semble que notre époque se trouve confrontée à des bouleversements éthiques et existentiels sans précédent . Par exemple, il est communément admis que les valeurs familiales, morales et religieuses tendent à se disloquer ou, du moins, se transforment fortement .

Je constate que ces changement de repères ont, entre autres, aux conséquences le fait que les psys (psychologues) n'ont jamais été autant consultés : cela révèle notre difficulté à être sincère envers nous-mêmes et envers les autres, manifeste notre besoin vital d'être sincère et, surtout, indique combien la sincérité ne va pas de soi . C'est parce qu'être sincère n'a rien d'évident qu' il est à ce point intéressant de s'interroger aujourd'hui sur la valeur de la sincérité : en perçant son mystère, peut-être parviendrons-nous à résoudre une partie de nos problèmes existentiels .


N'avez-vous jamais fait ce constat paradoxal propre à notre monde contemporain où tout est en mouvement : alors que les moyens de transports permettent de se déplacer et de se rapprocher de plus en plus vite, que les outils de communication [ Internet, le téléphone portable, la télévision par satellite, etc. ] divise le temps et abolissent les distances, j'ai l'impression que nous nous éloignons de plus en plus les uns des autres : indifférents que nous sommes devenus aux autres, nous nous sentons aussi de plus en plus seuls .

J'observe que notre société en modifiant peu à peu ses valeurs les plus essentielles a surtout perdu du sens . N'arrivant plus à générer du lien avec les autres, isolés, égarés, nous voilà rendus incapable de sincérité .

Ce phénomène s'accompagne d'un profond sentiment de frustration engendrée par la complexité à être soi-même, d'une réelle difficulté à être reconnu, à s'imposer dans le monde et à se faire entendre . Preuve en est l'explosion des ventes d'ouvrages sur le bien-être et le développement personnel . Le besoin de prendre soin de soi est réel et il oblige à se poser la question de savoir qui l'on est et, bien plus, de pouvoir le dire .

Car, s'il est certain que l'on a trouvé des moyens efficaces pour parvenir à dire, en revanche, une incapacité majeure persiste : notre impuissance à se dire . Et c'est là peut-être le nouveau défi aujourd'hui : arriver à lever le voile opaque et insincères de l'être .

En ce sens, percer l'énigme du se dire, c'est déterminer en quoi cela correspond à un besoin propre de notre temps essaie ainsi poser, en toute sincérité si j'ose dire, précisément la question de la sincérité .

Plus que jamais, l'Occident semble porter en lui le souci de la sincérité, parce que notre époque est malade du dire . Il semblerait que l'individualisme qui caractérise notre société occidentale atteint ses limites quand il est finalement un si grand obstacle à ce que l'individu se sente reconnu par les autres .

Dans nos relations sociales, nous nous retenons d'exprimer nos véritables émotions, non ressenties et, souvent, de dire ce que l'on pense vraiment . Ce défaut de sincérité s'avère nuisible, car à force de jouer un rôle, l'individu fini par ne plus savoir qui il est, il ne se reconnaît plus . Or l'absence de sincérité devient source de troubles : nombre de souffrances psychiques sont causées par la difficulté de se dire, de se raconter ou de parler de soi . Aussi,n' est-il pas étonnant d'observer la vogue des différentes psychothérapies auxquelles on a de plus en plus recours . Par exemple, avec la psychanalyse, thérapie qui naît au début du XXe siècle et qui repose essentiellement sur la parole, c'est donc désormais par le langage que passe la libération de certaines névroses et des douleurs à vivre le psychanalyste français Jacques Lacan définit l'homme comme un «parlêtre », et soutient même que « l'inconscient est structuré comme un langage », ainsi, tout en l'homme semble pouvoir se réduire au langage .

Toutefois, le besoin de sincérité ne se fait pas sentir seulement au niveau psychologique ou relationnel, son importance est primordiale en ce qui concerne également nos valeurs - tant humaines que sociétales . En effet, la sincérité étant avant tout une véritable force d'âme, « elle est, comme la vertu du commencement, vertu majeure » : on ne saurait s'en passer . Il est nécessaire à tout être humain d'atteindre ou au moins de tendre à une vérité qui lui soit propre : la sienne . Comme le recommande Socrate en contemplant le temple d'Apollon à Delphes : « connais-toi toi-même » . Maxime qui confirme combien la quête de soi doit être le dessein d'une vie, et qu'on ne peut pas s'y dérober . Pourtant cette recherche, cette quête vertueuse, semble faire défaut aujourd'hui .
Plus que jamais, la question de la sincérité est d'actualité .

Mais qu'entend-on par sincérité ? La sincérité se comprend de multiples façons et recouvre plusieurs sens . Le terme est souvent employé à tort et à travers mais toujours étroitement lié avec le dire : la sincérité est le fait de dire avec franchise et en toute bonne foi ; dire avec sincérité attribue une qualité morale à la personne qui dit ; la sincérité implique aussi le fait d'être disposé à faire connaître ce que l'on pense et ce que l'on ressent, à dire et à reconnaître la vérité .

Et la sincérité est-elle synonyme de vérité ? Et est-ce à dire qu'elle est l'opposé du mensonge ?

Pour Vladimir Jankélévitch, il y a « trois sortes de sincérité :

-L'accord de la pensée du propos [ou de la pensée et de l'acte] ,
-l'accord de l'acte et du propos,
-l'accord de la pensée avec soi »

Ainsi y aurait-il trois manières d'être sincère :

- Par la conformité de la parole et de la pensée ;
- par la conformité de la parole et de l'action ;
- et par la fidélité à soi-même .

C'est dire que la sincérité est essentiellement cette vertu qui tente de percer le mystère de soi .
En essayant de comprendre ce qu'est la sincérité, on expérimente donc ce qu'il y a de plus soi en soi .

Voilà pourquoi, après plusieurs années d'études sur ce sujet, je souhaite partager avec vous, à travers cet ouvrage, mes recherches . Selon moi, la sincérité mérite sa place de pilier de la pensée philosophique . Parce que la sincérité, ainsi que je l'ai esquissée, n'est autre que la voie de la connaissance de soi : s'appliquer à être sincère,

c'est chercher à savoir qui l'on est .

La philosophie emprunte le même chemin puisqu'elle ambitionne, elle aussi, d'accéder à cette connaissance de nous-même et du monde . C'est dans ce sens que l'on peut d'ores et déjà lier philosophie et sincérité .

Mais une réflexion sur la sincérité va bien plus loin encore .


Car si la sincérité est à associer à la connaissance de soi, alors on va très vite aborder une autre question, ô combien essentielle ! : Celle de notre bonheur .

En effet, est-il possible de prétendre à une quelconque forme de bonheur quand on ignore qui l'on est et ce que l'on veut véritablement ? Tenter de répondre à cette question suppose de chercher à être sincère et donc de se connaître ; c'est, d'une certaine manière, dessiner une image de son bonheur . Il est certain que si je ne connaissais pas, je ne peux prétendre à cet équilibre de vie nécessaire à mon bien-être .


Dès lors, la sincérité, ce n'est pas seulement le fait de dire des paroles justes ou encore d'être franc, ce n'est pas non plus uniquement le fait d'adopter une attitude morale .


La sincérité « se fout de la morale » , tout comme le menteur peut être sincère [un paradoxe de plus !) . La sincérité engage ce que nous sommes et notre vie bien plus qu'on ne saurait l' imaginer d'emblée .


Ce livre a pour ambition de faire découvrir ce qu'est la sincérité dans toute la profondeur et la complexité qui la caractérise . Pour ce faire, j'alternerai passages didactiques et réflexions plus légères, car le paradoxe de la sincérité est d'être tout à la fois au centre de notre quotidien ainsi qu'au coeur d'une pensée théorique . Avec cette démarche, j'espère engager avec vous un véritable échange de pensées , et ce dans la perspective de philosopher ensemble la sincérité .


Dans la première partie de cet ouvrage, j'ai imaginé de mettre en scène un dialogue fictif entre différents philosophes qui ont réfléchi sur le sujet . De la sorte nous serons, au fil des répliques qui sont, souvent, des citations extraites de leurs oeuvres, nourris par les propos riches et divers des auteurs convoqués et en même temps, plongés dans un contexte que je souhaite divertissant .


J'ai inscrit cette confrontation de pensées dans une situation très académique, celle d'une soutenance de thèse . L'intérêt d'une telle mise en scène sera d'identifier différents niveaux de sincérité : tant à propos du contenu des discussions qu'au regard du contexte .




La deuxième partie proposera neuf pistes de réflexion sur la question de la sincérité . Afin d'en éclairer le sens, j'ai ainsi d'abord interrogé le rapport de la sincérité avec des termes proches tels que ceux de véracité, de franchise, de simplicité, de pureté ou à l'inverse d'insincérité et de mensonge… Suivront des analyses qui nous permettront, en les confrontant, d'appréhender concrètement la sincérité dans l'art ou encore la sincérité en politique . Ici, nous verrons comment une philosophie de la sincérité est aussi une pensée de nos rapports à l'art et au politique .

Notre parcours s'achèvera sur un récit auquel je tiens particulièrement : histoire de l'Etre- sincère qui est celle d'un monde différent, celui de l'en- deçà ( rester en deçà de... :ne pas l'atteindre) - le monde métaphysique (ce terme vaste et polysémique, avec de nombreux sens, désigne d'une manière générale la science de « l' être en tant qu' être , mais aussi ce qui dépasse le domaine de l'expérience ou du visible . Là encore, ce mot a eu de nombreuses définitions selon les époques et les courants de pensée) . J'ai créé le terme d'Etre sincère afin de montrer à quel point la sincérité peut s'avérer fondamentale, tant dans le domaine de la pensée philosophique que dans notre vie quotidienne .

Dans cet ouvrage, j'ai choisi de poser aussi bien les questions les plus concrètes que les plus abstraites au sujet de la sincérité .


J'ai tenté de réaliser un véritable parcours initiatique au terme duquel, je l'espère, la sincérité sera comprise avant tout comme un lien . Un lien entre soi et soi-même, et aussi un lien entre soi et les autres . C'est pour cela qu'il est nécessaire de philosopher la sincérité . Parce qu'elle est un moyen de redonner du sens à nos relations avec les autres . Parce qu'il me semble urgent de combler, se ressent ( ressentir) au coeur des débats politiques, où tout ne serait que mensonge et insécurité ; au coeur des relations sociales, où tout ne serait que masque et représentation ; au coeur des relations affectives, la famille étant le premier lieu des non-dits ; au coeur de soi, que l'on fuirait par crainte de ne plus arriver à se reconnaître ... Il est temps désormais de plonger en soi-même et de partir à la rencontre de la sincérité car, comme l'écrit Jean-Jacques Rousseau dans Mon portrait : " Il ne faut pas corriger les hommes de parler sincèrement d'eux-mêmes ""



[ voir également les réflexions de Montaigne dans l'ensemble de ces " Essais " : Conseils au Lecteur ... ] .

Bonne lecture .

Fidèlement vôtre, Esiobreg .

vendredi 4 mars 2011

Le courage*: manifestation dans l'action d'une disposition de l'esprit opposée à la crainte;fermeté dans la volonté de réaliser,de faire quelque chose

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* COURAGE : Force d' âme de celui qui affronte le danger sans crainte ou supporte la souffrance sans se plaindre .

" Le courage même consiste à différer ( éloigner) la violence, ce qui est la conduire, et non s'y livrer " . Alain, Propos

" Il faut commencer par le commencement .
Et le commencement de tout est le courage . "

Vladimir Jankélévitch (Philosophe français, 1903-1985)


Prendre son courage à deux mains : faire un effort pour vaincre une résistance, des hésitations

Courage : vertu de l'âme [de l'esprit] qui fait affronter tous les chagrins de la vie, tous les périls, auxquels on peut être exposé .

Courage : attitude positive devant un obstacle, une action, une décision pour entreprendre .

S'armer de courage, cette force morale devant l'adversité (sort, effet contraire, généralement néfaste) , la souffrance des autres ,de soi-même .

Le courage, la volonté de dire, d'écrire, de faire quelque chose .

Le courage implique une grande fermeté devant un danger ou dans des situations difficiles d'un point de vue moral ou physique ; c'est également la fermeté qui fait supporter ou braver les périls, les souffrances, les revers, les aléas de la vie .


C'est l'ardeur, l'énergie dans une initiative, une entreprise, un projet, une tentative, une aventure ...

C'est aussi :

- le courage de pouvoir réaliser ce qui est difficile , de ne pas avoir peur, de ne pas s'énerver et garder son calme en toutes circonstances, d' être capable de s'organiser, de se contrôler dans des conditions difficiles et dangereuses ;

- Le courage de résister, le courage d'affronter la peur … les dangers de toute nature ...

- Le courage de foncer ;

- Le courage d'apprendre et de travailler ;

- Le courage de savoir faire, de dire oui ou non, franchement, et de pouvoir dire : je ne sais pas … ;

- Le courage de faire attention, dans mes lectures, dans mes occupations, dans des excès, dans mes envies … ;

- Le courage de pardonner, de défendre les autres, de me défendre, de dire pardon, d'affronter toutes les réalités de la vie … ;

- Le courage de savoir dire non ! Définitivement... ou, après réflexion et informations nouvelles, être capable de changer d'avis .

- Le courage de rester seul, de regarder les choses en face … ;

- Le courage de ne pas être sûr, de douter … ;

- Le courage d'aider les autres … ;

- Le courage de garder un secret, de n'avoir peur de rien ;

- Le courage de voir les choses en face ;

- Le courage de se confier à ses parents, de parler de ses mauvaises notes, de parler de ses problèmes, de ses mauvaises habitudes … ;

- Le courage d'oser … ;

- Le courage de s'interposer quand ... cela est nécessaire ;

- Le courage d'assumer… ;

- Le courage de chercher … ;

- Le courage de ne pas " perdre courage ", de persévérer, de surmonter les tracas quotidiens, de résister à l'ennui, à l'abandon … ;

Il y a des moments dans la vie où il est nécessaire d'avoir le courage d'être capable de "répondre ( se porter garant de ...) de son courage " même quand on n'a jamais été dans le péril …

Dans la vie quotidienne un grand nombre de situations , non misent à la " une " des médias, exigent toutes sortes de formes contemporaines subtiles de prises de risque et de courage .

Le courage d' endurer ( supporter avec patience,obstination, subir lorsque cela est nécessaire) , qui n'est pas un but en soi, qui est l'énergie que l'on peut assurer,dégager, que l'on peut libérer pour " être soi-même ", pour assumer, c'est-à-dire " prendre la responsabilité de … " , " à prendre sur soi " ; où que si l'on peut refuser de prendre en charge … !



Voici un texte de Pierre Michel Klein, professeur agrégé de philosophie concernant le courage .


"" Le courage est la vertu du commencement, nous dit Jankélévitch (Vladimir, philosophe français, 1903-1985) .

Quel commencement ?

Il ne faut pas de courage pour naître, ni pour être . Il en faut pourtant, parfois, pour continuer d'être, ou pour cesser d'être .

Mourir, nous n'y pouvons rien ! Peut-être y pouvons-nous malgré tout quelque chose, faire face, ou bien garder la face sans se laisser envahir au moment d'être anéanti . Le courage, vertu inaugurale : ce qu'il faut faire ne va pas de soi (aller de soi : être évident, se voir comme le nez au milieu de la figure) , mais provient de nous-mêmes, nous instaurons cela, quand sans notre intervention les choses n'iraient que par la « force des choses » ( le cours des événements, considéré comme une causalité inéluctable, inévitable) .

Or commencer - commencer de lutter, commencer de résister - non seulement ne va pas de soi, mais peut aller aussi contre soi-même, malgré soi . Malgré la peur, malgré l'inertie, malgré ce qui en nous permet et pousse aux douces lâchetés (peurs, bassesses,faiblesses) , aux serviles abandons . Sans doute ce qui se nomme « lâcheté » nous propose-t-il de ne rien commencer quand il faudrait commencer quelque chose, ou bien de suivre ses propres pesanteurs en un gras laisser-aller de soi-même en soi-même, en dépit de tout, comme aspiré par sa propre nuit . Le courage alors s'imposerait malgré cela, malgré le désir peut-être, ou bien malgré l'obéissance, en une subversion dressée contre les submersions ou la mort sait respirer .


On le sait, le commencement courageux ne manque pas de mobiles de s'abandonner .

Commencement, donc ; et contre l'ordre des choses . Et malgré tout ce qui en nous tend à rejoindre cet ordre ; malgré nous-même .

« Commencer malgré » :

Voici une double et indissociable détermination du courage qu'il faudra suivre le long des pages, parmi la diversité de ses modalités et de ses figures concrètes . Face au hasard qui peut sembler nous faire, aux accidents qui nous bouleversent .

Face à notre propre corps et à son ordre, l'ordre des choses qu'impose la maladie, sa grave chronométrie , jour après jour . Là aussi, peut-être, commencer quelque chose, ne pas s'abandonner, trouver en soi de quoi intervenir au sein d'un soi-même devenu apparemment impossible, quand se mettent à y loger d'étranges ennemis . Face à l'ordre barbare qui réglait l'industrie de l'horreur nazie .

Et face à la mort . La mort elle-même, face à son ordre implacable, quel acte ? Une manière ? Un style ? Ou bien peut-être aussi quelque chose à dire, encore, quand on a seulement envie de crier .


Le courage, donc, intervient et s'oppose : à un problème, un danger, un péril…

C'est graduation du risque confère sans doute davantage qu'une simple intensité au courage, car de la nature exacte de cette chose qu'il faut surmonter naît la qualité propre du courage : ce qu'il est, son contenu, son sens .

Car il faut bien se demander s'il suffit de lutter contre un contraire, quel qu'il soit, pour affirmer qu' il y a là une sorte de courage .

La lutte est une chose, son sens en est une autre .

Là peut-être pourrait-on éclairer, par exemple, la persistante question où il est demandé de décider entre le courage morbide du suicidaire qui se détruit, et le courage qui l'appellerait à ne pas se détruire . Courage malgré la pulsion de vie, courage malgré la pulsion de mort :

Doit-on exclure de la compréhension de la notion de courage l'idée qui l' inspire, la puissance qui l' invite, le monde qui s'y porte ?

Ce point de vue -du sens, de l'idée - permettrait au moins de donner une raison de ne pas estimer que ferait preuve d' « un certain courage » la brute qui irait jusqu'au bout de son intention de " salaud " .

Mais dans le courage, il n'y a pas seulement un objectif à atteindre .

Il y a aussi un sujet qui cherche en lui de quoi l'atteindre, et qui le trouve, ou ne le trouve pas . Car le courage participe - t- il d'une sorte de « don » ? d'un caractère, d'une détermination subjective ? Il faudra chercher à repérer, parmi les témoignages et les réflexions qui suivent, comment se décide un homme, qui jusque-là se serait pensé « trouillard », ou brave, et qui révélerait un stupéfiant courage, ou une lâcheté inattendue au moment de l'événement .

Quelle empreinte, quelle trace subjective suit- il alors en lui-même, quelle lumière éclaira donc les premiers pas du premier aveugle ?

Car le « malgré tout » qui fait le courage se profile sur un horizon chargé de bien des découragements possibles, liés à l'obstacle, bien sûr, mais aussi à ce mystérieux « soi » qui peut aider ou empêcher et qui n'est pas à lui seul tout à fait digne de confiance . Ne faut-il pas savoir rompre avec sa nature, ne pas s'acharner forcément à poursuivre un penchant - serait-ce un penchant au courage - sans se demander si faire montre de profondeur n'est pas parfois une manière de s'enfoncer ?

Et l'on devra comprendre où peut bien se situer ce qu'on nomme la « lâcheté », entre le découragement, vers lequel un étrange vertige nous attire, et le complice laisser-aller qu'il nous arrive de prendre pour du courage, et qui nous aide seulement à nous y pousser .


Mais le courage ne s'accomplit pas seulement dans le face-à-face, avec soi-même ou contre un ordre .

Il lui faut aussi compter avec le temps . Une décision n'est pas facile à prendre, on hésite, on peut s'engluer dans les raisons de ne rien faire, mobiliser toutes les ressources de sa mauvaise foi afin de permettre l'abandon .

On s'enfonce en soi-même de toute son épaisseur et puis, parfois, la décision héroïque surgit quand même, et voilà : on se voit face à ce qu'une sombre facilité aurait pu éviter, une différence, un sommeil… et non . Les yeux ont décidé de s'ouvrir, il faut désormais persister . Il y a eu le courage de l'instant même, mais il faut maintenant durer, jour après jour, matin après matin, et endurer les nuits . Il y a l'héroïsme de l'éclat, à la force duquel les colonnes s'écroulent, et celui du tunnel poursuivi sans fin, l'un et l'autre aveugles et en vue d'évasion .

Comment vaincre l'irrésistible ?

Comment endurer l'impossible ?

Et pourquoi ? quelle raison, quel idéal, quelle responsabilité, quel regard nous lient donc aux secondes qui viennent ?

Et qui crée notre avenir à partir de rien ?

Cela, il faudra le lire et l'écouter, et le demander à ceux qui ont su s'inventer, ou vivre l'enfer, ou survivre à l'indicible .


Dans la persévérance elle-même, ou bien dans le temps d'assumer la décision courageuse, peut-être prononçons-nous en nous-même : « si j'avais su… » . Et que savions-nous alors ? Quelle ignorance, quelles désillusions sont donc les nôtres au moment de nous précipiter ? Au fond, nous nous demandons parfois si nous avons raison, ou si nous sommes vraiment lucides . Comment nous débrouiller dans cela ? Quel exact degré de clarté doit donc accompagner une décision ? Ne faut-il pas un peu d'une certaine illusion pour mobiliser un effort ? Ces questions portent sur la « conscience » courageuse, et sur l'inconscience aussi .

La sagesse antique répugnait à l'idée qu'on puisse se donner du courage avec un peu d'eau -de -vie . Et l'alcool n'est pas la seule puissance à nous préserver de la défaillance . Il suffit d'être « imbu » de nous-même, ivre d'amour pour notre image ; ou bien imbibé du torrent de mythes plus ou moins fascinants dont s'inondent les pensées courantes .

Plus tard parfois, bien plus tard, on peut se demander ce qui nous a pris de nous mettre ainsi dans de sales draps et l'on se dit : « si j'avais su… » .

Donnons deux suites à cette formule : «… je l'aurais fait quand même » ; fidèle à un acte, nous refusons aux raisons le dernier mot - d'ailleurs, cette lucidité rétrospective a-t-elle vraiment, avec le courage, quelque chose à voir ? - «… je ne l'aurais pas fait » ; nous prendrions alors conscience de ce que notre courage était halluciné, au moment décisif, et nous serions tombé comme un somnambule du haut d'un toit . Le sommeil et l'ivresse nous préservent un peu de la peur, nom de la chute .

Or le courage ne suppose-t-il pas une claire conscience de la peur elle-même, et par là du risque exact et du danger ? Quelle est la juste part de la conscience et de l'inconscience dans le courage ?

Mais si le courage conserve son mystère, c'est qu'on peut penser que ces questions n'en épuisent pas le fond : alors ce que l'on « sait » ou ce que l'on ne «sait » pas importe peu, puisqu'il s'agit premièrement de « faire » quelque chose .

Le fait du courage appelle à d' inépuisables interprétations, dès qu'on s'engage à tenter de lever cette seule difficulté : peut-on à la fois prendre conscience de toutes les bonnes raisons d'agir ou de ne pas agir ? Probablement ; mais alors,

la lucidité ne serait que le témoin impuissant de notre lâcheté .

Ou bien, avoir raison d'agir serait si contradictoire avec ne rien faire qu'une telle lâcheté n'indiquerait, au fond, que des « raisons » dont nous n'aurions pas pleinement conscience…

En tout cas, une sorte d'idéal se pose en nous comme un motif qui nous guide ; et notre plus ou moins nette lucidité porterait aussi sur l'appréciation - parfois bien hasardeuse - de la valeur de ce motif : car vaut-il pour lui-même, et pas seulement pour nous, que nous en payions le prix ? S' il vaut suprêmement, soyons prêts au sacrifice suprême . Et s'il ne vaut rien ou pas grand-chose ?

Notre acte n'aurait-il de valeur que par le seul courage qu'il y aurait à l'accomplir ?

Là commence le courage pur et simple, indépendant de la valeur de l'idéal, le courage irrationnel, libre, de cette seule liberté d'où surgit l'acte gratuit . L'aventure permet ce genre de courage, auquel se risquent les risque-tout . Mais attention : cette belle indépendance vis-à-vis de la valeur de l'idéal ouvre aussi aux courages destructeurs, dévastateurs . Et le courage pur ne ferait que dissimuler sous sa belle apparence le courage brut .

Le courage est lié à l'idéal, mais quelle peut être au juste la teneur de ce lien ? Ou bien le courage crée-t-il de la valeur par son effectivité même ? On voit que l'on peut vite se laisser captiver par l'esthétique du courage, ébloui au point parfois d'oublier que le beau n'est pas le bien . Mais aussi, qu'ajoute au bien que l'on fait, le fait de le faire « avec courage » ? ""

Ce texte de Pierre-Michel Klein est parfois ardu, nous en sommes conscient ; vous pouvez poser des questions à vos parents ou les rédiger dans la rubrique " commentaires " qui suit chaque billet .

Courage, tenez bon !

Fidèlement vôtre, Esiobreg .

jeudi 24 février 2011

Tyrannie, servitude, oppression : le peuple s'est soulevé contre l'autoritarisme despotique , illégitime .

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Tyran : celui [despote, dictateur : détesté, redouté, impitoyable], qui abuse de son autorité contre le droit et la raison ; qui gouverne un pays , une entreprise, une administration ...etc , de manière absolue, par la force. Ce qui annule ou limite le libre arbitre, ce dont on peut difficilement s'affranchir .

« L'opinion est souvent un tyran bien absurde »

...Ce pouvoir injuste et violent...

Dans l'Antiquité, on appelait tyrans, ceux qui parvenaient à s'emparer du pouvoir suprême dans une république, et substituaient ainsi leur volonté personnelle à celle du peuple . Ces coups d'Etat, comme nous les appellerions aujourd'hui, étaient fort nombreux dans la vieille Grèce, où pullulaient les petites républiques . Et la plupart du temps c'était le désordre des volontés et la confusion d'une politique sans orientation sûre qui favorisaient l'arrivée au pouvoir d'un homme décidé, ambitieux, peu embarrassé de scrupules .

Arrivé au pouvoir par la violence et l'illégalité, il ne pouvait s'y maintenir que par les mêmes moyens .

Un nombre incalculable d'actes odieux par leur caractère arbitraire ou leur cruauté ont été commis par ces tyrans . Et ce terme de tyrannie, qui en soi désigne seulement l'autocratie, a fini par être synonyme de despotisme criminel et sans entrailles .

Si nous parlons ici de tyrannie c'est pour étudier, en leurs formes les plus laides, quelques-unes des déformations (altérations de la forme naturelle, normale ) et des aberrations ( anomalies, déviations par rapport à certaines valeurs ... dans les perceptions ) de l'autorité .

Rien dans le monde ne saurait demeurer pur, ni se garder des exagérations, des corruptions, de la perversion (altération de la conscience morale, qui inspire des actes ou des sentiments contre nature).

Toutes les plus belles choses ont subi l'action dégradante des passions et des vices des hommes . A chaque figure répond une grimace, à chaque visage d'odieux abus, à chaque fonction, la caricature de cette fonction . La médecine dégénère en charlatanisme, la religion en superstition, la vertu en hypocrisie et l'autorité normale, nécessaire et bonne, a pour hideuse contrefaçon le despotisme et la tyrannie . Hâtons-nous de dire que cette tendance du pouvoir à glisser vers l'absolutisme est dans la nature . Ce n'est pas un phénomène exceptionnel . C'est une manifestation courante . Il s'agit de la surveiller d'autant plus .

Dans le monde des animaux règne le droit du plus fort . Dans le monde humain, la même loi se fait valoir .

Les choses ne se règlent pas, à l'origine, par la justice et l' impartiale équité .

On veut une chose et, si l'on est assez fort pour se la procurer, on se la procure . On désire qu'un autre homme agisse d'une certaine façon conformément à nos désirs, nos intérêts, nos appétits, et, s'il le faut, on l'y contraint .

Violence, oppression du faible par le fort, mépris du droit des autres, réduction en esclavage de quiconque est moins capable de se défendre que nous-mêmes : voilà la pratique ordinaire de l'humanité inférieure . Et nous sommes sans cesse tentés d'y retomber . Dans chaque homme, il y a une bête prête à se réveiller . Sa nature inférieure le reprend et le domine, s'il ne se surveille . Cette brute en nous, qui nous fait commettre des actions indignes de notre titre d'hommes, a pour signe particulier d'aimer la tyrannie. Un de ses grands plaisirs est de faire sentir aux autres sa supériorité . C'est de cette vieille et hideuse bête que vient l'esprit de tyrannie .

On peut bien dire que le tyran n'est jamais complètement vaincu . Partout où les hommes ont entre eux des rapports de supérieur à inférieur, le monstre essaie de sortir de son antre . L'esprit de tyrannie consiste simplement en ceci : croire que notre volonté personnelle, c'est la loi . Tout doit plier devant elle . Quiconque ne fait pas ce que nous désirons est notre ennemi . Il faut le briser comme verre .

Vouloir ce qui est juste, équitable, l'humain, cela ne préoccupe pas le tyran . Il veut : cela doit suffire . Que chacun s'incline !

Avec de pareils procédés on arrive à vicier toute espèce de commandement en y introduisant l'arbitraire . Et par là tout ordre est rendu haïssable et toute règle excite à la révolte .

Or, si l'esprit d'insoumission, de mépris et de haine de tout frein et de tout ordre et une chose abominable, il faut convenir que résister à la tyrannie est noble, l'humain, et conforme au devoir .

Nous approuvons tout à fait l'intervention de l'autorité pour faire respecter la loi, la justice, l'ordre . Que si, dans un esprit d'anarchie, un individu, le famille, une collectivité s'insurge contre la loi, compromet le bon fonctionnement des services publics, entrave la liberté du citoyen, nous trouvons juste que ces tentatives de désordre soient arrêtées, réprimées, au besoin sévèrement châtiées . L'intérêt public l'exige ainsi ; rien de plus compréhensible et de plus juste .

Pour la même raison, il faut résister à la tyrannie
. Lorsque, sous le couvert de l'autorité, de l'influence que confère l'âge, la position sociale, la fortune, le nombre, un individu ou une collectivité exerce sur leurs semblables une oppression quelconque, les violentent dans leurs droits, dans leur conscience, dans leur dignité du citoyens, tout homme de bien doit se lever, et résister .

La tyrannie est une forme de l'anarchie .

Il n'est permis à personne de la supporter . Elle est l'outrage suprême à toute créature humaine . Chacun de nous doit avoir pour bien précieux sa dignité de libre citoyen , et n'y souffrir aucune atteinte .
Malheureusement, il y a une certaine lâcheté dans les caractères qui les qualifie à la fois pour le métier d'esclaves et pour celui de tyrans . La plupart des hommes ne sont assez courageux ni assez justes pour résister à la tentation d'opprimer les autres . La plupart des hommes ne sont ni assez courageux ni assez pénétrés du sentiment de leur honneur, pour résister énergiquement à ceux qui les traitent par la violence ou d'autres formes de l'oppression . Ils se soumettent par peur, par mollesse, par manque de dignité . Ainsi va la vie .

Quand on ne peut pas faire autrement, il y a de la grandeur d'âme à souffrir même la tyrannie et à mettre son courage dans la patience, la résignation et la douceur . Mais, chaque fois que, par un effort vigoureux et même au prix des plus grands risques et du sacrifice de notre vie, nous pouvons rompre le joug d'une tyrannie, notre devoir strict est de le faire . C'est un grand malheur que trop d'hommes se résignent à l'oppression, parce que la lutte contre elle est longue et pleine de dangers . Ceux-là capitulent devant le monstre . La lâcheté des esclaves est la meilleure alliée des tyrans . Et des tyrans il y en a partout où un homme se permet d'intimider ou d'asservir un autre homme .

Au fond l'esclave et le tyran ont la même âme basse . Tous deux croient à la violence, l'un pour plier sous son poids, l'autre pour s'en servir à faire plier ses semblables . Et l'on peut bien dire que les tyrans commandent et règnent avec une âme d'esclave, et que, dans chaque esclave, il y a l'étoffe d'un tyran, qui n'attend qu'une bonne occasion pour se révéler .

Écoutez bien les enfants : ne soyons le tyran de personne et l'esclave de personne .

En cela se résument nos devoirs envers la Liberté,ce bien le plus sacré, qu'il ne faut jamais se laisser ravir et qu'il ne faut essayer de ravir à aucun homme .

Avant de "porter un jugement " sur tout comportement d'autrui,de quiconque, en toutes circonstances, il est nécessaire et impératif , de n'agir que si notre esprit critique et notre analyse des informations qui nous sont parvenues ont joué leur rôle de "détecteurs de la réalité " ! Surtout lorsque les informations parviennent d'une foule anonyme et déchainée .

Bien à vous tous, fidèlement vôtre, Esiobreg .

dimanche 5 décembre 2010

Réalités*objectives ! Réalisme** ?:Les conséquences de l'inaptitude,mieux de l'Incompétence,sont comme une roue sans fin; elles n'ont pas de limites…

.
* Réalité : ce qui existe, ce qui n'est pas seulement en idée ou fictif, une certaine évidence, ce qui est, l'existence effective, la chose réelle… Prendre ses désirs pour des réalités [parfois, souvent] ? Il faut voir la réalité ! Les réalités de la vie . Tout ce que nous connaissons de la réalité vient de l'expérience .

** Réalisme : attitude de celui qui tient compte de la réalité, l'apprécie avec justesse . Dans la vie réelle et pratique, disposition à voir les choses comme elles sont et à prendre les mesures en conséquence, sans s'embarrasser de précédents ou de scrupules.


"- Les bêtes connaissent leurs possibilités :

Un ours n'essaiera pas de voler,


Un cheval fourbu (1) hésitera souvent


Avant d'essayer de franchir un obstacle .

Un chien, d' instinct, fait un détour

Lorsque le fossé est trop profond ou trop large .



L'homme, hélas, est la seule créature( 2)

Qui, par sottise, va contre la nature.

Lorsqu'elle lui crie : « prends garde ! »

Son obstination (3) le fait continuer,

Et lorsque ses dispositions y sont le moins enclines ( 4)

Il va absurdement à leur encontre (5)."

J. Swift


1 - fourbu : accablé de fatigue, harassé

;2 - créature : être , homme ou femme, avec ici l'idée d'un jugement de valeur négatif, dont on parle sans considération .

3- obstination : caractère, comportement d'une personne obstinée, il s'attache avec énergie et de manière durable à une manière d'agir, à une idée .

4 - enclines à : disposées, portées par un penchant naturel et permanent .

5 - encontre : en s'opposant à la chose .

Incompétence :

Une forme de pollution,de nuisance, à laquelle les écologistes n'ont pas prêté une attention nécessaire et suffisante, a pour cause l'escalade de l'influence négative, abusive, d'une organisation humaine, quelle qu'elle soit, sur notre personne, nos valeurs, notre "soif de vivre" . De même que la pollution de l'air et de l'eau crée un environnement physique défavorable, la pollution de l'organisation d'une activité humaine peut créer un environnement social détestable . Les victimes de la première n'ont souvent conscience d'être empoisonnées que lorsqu'il est trop tard, parce que l'accumulation est graduelle et que la " dose " mortelle ou paralysante est difficile à détecter. De même, dans le cas de la pollution bureaucratique, la paperasse s'accumule graduellement jusqu'au jour fatal où cette activité humaine est définitivement étouffée sous elle . Réfléchissez, n'est-ce pas trop souvent le cas, même dans nos propres occupations, nos propres affaires, notre propre vie ?


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Créativement vôtre, Esiobreg .

mardi 9 novembre 2010

Messsage à ceux qui désirent observer,examiner,rendre compte :"porter un regard" sur notre façon de nous exprimer par le langage et nos comportements.



Un regard* de chien


Balandran et Bréquillet , le maître et le chien, accueillent un inconnu dans leur solitude.

… Je vis un chien. Un berger briard (de la Brie) à poils longs. Pas très haut, ramassé sur ses pattes, hirsute, le museau barbouillé et tout moustachu. Au milieu des poils, deux yeux noirs vifs, et surtout un regard interrogateur.

Qui es-tu ? Me voilà, je suis le chien . Il ressemblait à Balandran à s'y méprendre…

« C'est Bréquillet » me dit Balandran. Mais j'eus beau l'appeler, Bréquillet,sagement posé sur son séant (arrière-train), ne s'approcha pas de la table. Ses yeux vivants ne me quittaient plus. Aussi longtemps que je mangeai, il resta immobile. On le devinait présent, tout entier à la scène simple et sereine du repas, et il avait l'âme si proche que je la sentais par moments , tiède comme un museau, qui ne demandait qu'à aimer.
Je revins près du feu. Bréquillet, cependant que je tournais le dos, s'était glissé dans l'âtre. Là , le museau posé sur ses deux pattes noires, calme mais attentif à tout, il reposait . Ses yeux couraient (image illustrant la vivacité des mouvements du regard) , de la cheminée à la porte, au ras du sol. Quelquefois, il dressait une oreille velue, qu'agitait une brève et mystérieuse inquiétude.

Henri Bosco, Malicroix, Éditions Gallimard, 1948 .

Expressions concernant le regard :

«La métaphore ou la comparaison emprunte d'une chose étrangère une image sensible et naturelle d'une vérité».
La Bruyère

Métaphore : figure par laquelle on applique à une personne, à une chose, des termes qui impliquent une comparaison non formellement exprimée (le procédé consistant à comparer sans terme de comparaison s'appelle une métaphore) . Comparaison réduite à un seul terme et désignant un objet ou une idée par un mot qui convient pour un autre objet ou une autre idée liés aux précédents par une analogie. Mais, dans les deux cas, l' image ne se contente pas d'insister sur un rapport intellectuel entre les deux objets, elle essaie de donner une représentation vive, animée, concrète .

- effleurer du regard : image à comparer avec toucher légèrement, à peine , du bout des doigts, des lèvres ; examiner superficiellement : nous n'avons fait qu' effleurer le problème .

- caresser du regard :regarder amoureusement ; toucher pour avoir du plaisir ou en donner ; toucher en signe de tendresse .

- embrasser du regard : saisir par la vue dans toute son étendue .

- plonger ses regards dans : regardez au fond de… [il a plongé son regard dans les yeux de son interlocuteur] .

- parcourir du regard : regarder successivement les éléments d'un ensemble pour en avoir une vue générale… [il parcourut le jardin du regard] .

- Suivre du regard : porter son attention sur… Observez attentivement et continûment l'évolution d'un phénomène .

- accompagner du regard : se joindre à quelqu'un en lui manifestant son adhésion .

- explorer du regard : parcourir un espace en l'étudiant avec soin, en l'observant, en cherchant…

-fouiller du regard : explorer avec soin en tous sens, examiner .

-darder son regard : lancer, ce qui est assimilé à un dard, une flèche .

-attacher ses regards sur : adjoindre par l'esprit… etc.



.... Message à tous les jeunes [et les adultes, leurs parents], qui découvriront notre blog .

Il ne suffit pas , de vous enseigner les règles de la grammaire, de vous apprendre ce que vous avez le droit et ce que vous n'avez pas le droit de lire et d'écrire. Il faut d'abord vous donner les moyens de vous exprimer . La langue que vous avez reçue de l'usage est strictement limitée à vos besoins immédiats . Il vous reste à explorer les ressources infinies du vocabulaire français, à découvrir la valeur expressive des mots et des tours (manières d'exprimer quelque chose selon l'agencement des mots) , à saisir ce qu'ajoutent au sens même de chaque phrase son mouvement (ce qui traduit l'impression de vie, de vivacité, d'élan, de passion) , son rythme , son harmonie (concours heureux de mots ; accord parfait de plusieurs parties) ou ses dissonances (peu harmonieux pour l'oreille : dont la simultanéité ou la succession des sons [donc des mots] est désagréable à entendre) .

Le vrai talent est un don des cieux , mais c'est l'instituteur qui vous apprendra à traduire vos pensées avec exactitude , avec probité (honnêteté, sincérité) , dans une langue claire et correcte . Vous n'y arriverez qu'en procédant par étapes et à condition qu'on vous révèle méthodiquement les richesses que la langue française met à votre disposition .

Sans une préparation sérieuse, si on vous demande de raconter votre meilleure journée de vacances : est-ce réalisable ? . C'est un sujet simple en apparence , mais en fait des plus complexes, puisqu'il exige de vous, apprenti narrateur , que vous traduisiez à la fois des sensations (des émotions, des sentiments) et des impressions (des perceptions personnelles, des pensées, des souvenirs) très diverses, que vous sachiez rendre avec fidélité les formes et les couleurs, les jeux de lumière, « les sons et les parfums », la saveur des fruits cueillis sur l'arbre , le plaisir de la fatigue au grand air , les élans de l'imagination et les souvenirs et les rêves qui, au long de cette journée heureuse , ont pu toucher votre cœur ou traverser votre esprit .

Et quand ( quand, terme le plus général qui peut s'appliquer à un événement futur ou hypothétique , alors que lorsque se rapporte à un temps particulier , plus ou moins fixe ; la conjonction quand semble plus propre à marquer la circonstance du temps ; lorsque paraît mieux convenir pour marquer celle de l'occasion) , sur ce thème, un des plus ambitieux au monde
vous, le jeune enfant, vous aurez remis deux ou trois pages, agréables à lire peut-être dans leur naïveté, mais exprimées dans une langue pauvre et dans une syntaxe incertaine vous, l'enseignant, l'adulte, croirez-vous être en l'état d'éclairer ces pages en écrivant dans les marges des devoirs : « banal (quelconque,non original) impropre (inapproprié inadapté) , incorrect (qui n'est pas conforme à une règle, à une réalité )» ? Ces critiques incompréhensibles, risqueront de le décourager, sans rien lui apprendre. Il serait plus judicieux, tout en respectant sa spontanéité, de lui donner les moyens de reconnaître ses fautes, à l'aide d' explications adéquates, pour qu'il puisse les corriger lui-même.

Un adulte qui parle, même avec éloquence, devant des auditeurs passifs, prêche dans le désert ; des enfants dont les efforts ne sont ni orientés ni contrôlés,n'apprennent qu'à faire des fautes .

Vous, les jeunes enfants, ne serez les maîtres de votre pensée et de vos connaissances que lorsque vous pourrez les traduire avec exactitude,correction et clarté . L'étude méthodique des moyens d'expression est aussi indispensable à ceux qui comptent devenir plus tard des chercheurs, les ingénieurs, des techniciens qu'aux futurs écrivains et aux futurs orateurs . Il est nécessaire que cet apprentissage soit appuyé sur des textes , et ainsi, contribue de la manière la plus sûre, à la formation de l'esprit scientifique, littéraire et bien sûr du goût. C'est un bon moyen d'acquérir à la fois « géométrie » et finesse, de s'impliquer à saisir les nuances qui distinguent les apparents synonymes , à dégager la valeur expressive et affective de chacun d'eux, à reconnaître l'agencement logique ,l'équilibre et l'harmonie d'une belle phrase française .

La langue que "nos anciens " nous ont transmise, notre plus bel héritage, se gâte chaque jour . Cette belle langue s'appauvrit affreusement et en même temps se fait prétentieuse et vulgaire . On croit se donner une brevet de distinction en substituant des formes lourdes et pataudes ( maladroites) aux mots simples et purs dont s'accommodaient Racine et Voltaire .

Nous sommes certains que les ressources variées qu'offre la langue française pour traduire des sensations, des sentiments, les idées, ainsi que le contenu de notre blog, contribueront à faire de vous une personne capable de maîtriser sa pensée et de la communiquer aux autres avec efficience (faculté de produire un effet, une conséquence) .

Fidèlement vôtre, Esiobreg .