jeudi 2 décembre 2010

Qu'est-ce que peut apporter à un jeune, dans l'acte d'apprendre,des éléments usuels [ familiers] des sciences physiques et naturelles ?

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Ce type d'acquisition : celui de l'apport des éléments [dont on se sert usuellement ; qui sont utilisés habituellement ; qui sont dans l'usage courant] des sciences physiques et naturelles, permet de faire conquérir à l'enfant et à l'adolescent des connaissances et des savoir- faire utiles et variés .

Les connaissances :

Avez-vous pensé, réfléchi à la possibilité d'estimer la multitude des phénomènes dans la nature et dans les agglomérations qui s'offrent aux regard étonnés de l'enfant [ à vos regards] !

C'est la pluie bienfaisante qui ranime les plantes, la chaleur accablante qui les brûle ; c'est la brise légère qui chante dans les ramures, l'ouragan terrible qui glace d'effroi les hommes et les animaux ;ce sont tous les matériaux naturels que la géologie , la paléontologie et la minéralogie nous permettent de découvrir, et ceux, artificiels, qui ont été transformés par l'homme ; c'est la montée incertaine d'une fragile bulle de savon, du vol puissant et hardi de l'aéroplane… du spectacle éblouissant , sublime,d'une nuit étoilée ... ; celui des comportements parfois surprenants des êtres humains et des animaux de toute notre planète Terre !

Chaque fois se posent, doivent se poser, pour comprendre le fond des choses et des êtres, cette suite d'interrogations ci-dessous :


- Pourquoi ? Il s'agit de déterminer les causes et les finalités : pour quel motif , pour quelle chose, pourquoi cela; c'est pourquoi, marque un rapport de cause à effet, par conséquent: marque surtout un raisonnement, une déduction logique, il ne s'emploie que dans l'ordre des idées, des déductions scientifiques .
- Comment ? Il est question ici des manières, des méthodes et des moyens : comment faire ? selon quel plan ?
- Quand ? Seront en question le cadre temporel : la date ? la durée [ combien de temps, depuis quand] ? le calendrier, le programme [ jusqu'à quand] ?
- Où ? Nous sommes ici dans le cadre spatial : le lieu où l'on est ? d'où l'on vient ? où l'on va ? par où l'on passe ?
- Quoi ? Nous avons affaire à l'objet, à l'être vivant, à un phénomène : qui fait quoi ? qui veut quoi ? qui peut quoi ? Qui cherche quoi ? sur quoi repose cette hypothèse ? de quoi est-il question ?

- Qui ? C'est du sujet dont on parle : à qui ? pour qui ? de qui ? par qui ? avec qui ? celui pour qui je réalise ; contre qui je m'oppose ; celui par qui je l'ai appris ; qui a donné cette information ; de qui avait-on obtenu le renseignement ; qui est- ce qui ?



Voici ci-dessus le contexte du sujet .



Vous verrez que les deux étapes de ce travail [définition du contexte, puis de ses limites ] sont en fait très liées , même si elles sont ici un peu artificiellement séparées et traitées successivement .

Pourquoi ? C'est le mot qui vient tout naturellement sur les lèvres . Pour quelles raisons , dans quel but , dans quelles intentions, pour quelles causes, quelles justifications , quelles explications, quelles motivations, en fait pour quelles raisons, voulons-nous connaître la raison d'être, les fondements, des phénomènes variés qui se produisent sous nos yeux. Est-ce une curiosité de bon aloi, à laquelle l'étude des sciences donne satisfaction ? Cette étude ne nous procure pas seulement une joie intellectuelle, elle nous assure aussi un savoir pratique qui nous sera plus tard de la plus grande utilité ; elle nous fait connaître les moyens de se maintenir en bonne santé , elle nous apprend comment l'homme, - qu'il soit enfant, cultivateur ou artisan, scientifique ou ingénieur, littéraire ou économiste, médecin ou biologiste, géologue ou agronome ... - peut travailler d'une manière fructueuse et accroître ainsi son bien-être matériel .

Dès l'origine de l'apprentissage des savoirs, c'est par l'observation directe que le maître initie l'enfant à l'enseignement des sciences. Il lui fait acquérir des connaissances qui, vraisemblablement , seront durables . Ce que l'on a seulement entendu ou lu finit par s'oublier , mais ce que l'on a vu se fixe solidement dans l'esprit .


Inestimable intérêt, portée , utilité de la formation, de l'initiation à l'enseignement scientifique, rationnel pour un accès à la culture générale .

Épanouissement de la capacité d'observation

Enseignement scientifique, même pour le futur littéraire, honnête homme quel qu'il soit… donné surtout sous la forme de leçon de choses, nous permet d'apprendre aux élèves, aux collégiens, aux lycéens " à bien voir ", c'est-à-dire à " observer " .

Sans doute il leur fait acquérir bien des connaissances, mais on peut affirmer sans exagération qu'il vaut moins par les connaissances communiquées que par le développement de la faculté d'observation .

Combien il est utile pour l'enfant d'apprendre de bonne heure à observer !

Cela ne peut paraître de médiocre importance qu'aux esprits superficiels. Combien est-il de personnes qui

« ont des yeux et ne voient pas »,

et passent à peu près indifférentes à côté d'objets intéressants, sur lesquels se portent leurs regards, sans doute, mais dont l'image s'évanouira bien vite dans leur esprit .

Le « maître » ne peut tout enseigner. L'élève,[vous-même également] , une fois sorti de l'école, complétera lui-même son savoir, s'il a contracté l'habitude d'observer, c'est-à-dire de lire dans le grand livre de la nature . Le plus grand service que nous puissions lui [ vous] rendre, c'est de lui apprendre à apprendre .

Perfectionnement des sens

Les leçons de choses contribuent à l'éducation des sens chez les élèves et chez toutes les personnes , même adultes .
Dans une leçon de choses, en effet, l'enfant voit les objets, les êtres, les phénomènes, et il ne les voit pas seulement : souvent aussi il les palpe , il est soupèse, il les sent , il juge de leur degré de sonorité, goûte la substance donc ils sont formés…
Les sens sont perfectibles ; ils se développent par l'exercice et transmettent au cerveau des perceptions de plus en plus exactes et précises. Sans vouloir affirmer que toutes nos idées nous viennent des sens, il faut reconnaître que nos sens nous sont des auxiliaires indispensables en ce qui concerne l'acquisition des connaissances.

Élaboration de l'esprit scientifique

L'enseignement des sciences à l'école primaire , dans l'enseignement secondaire , modeste et qu'il exerce néanmoins une grande influence sur les esprits. Il indique la marche à suivre pour arriver à la connaissance de la vérité, dont la recherche est toujours difficile, non évidente .

« La vérité, dit M .Berthelot [ chimiste et homme politique français , 1827-1907 ; "Sur les vertus de l'enseignement scientifique, Manuel général, 1898" ] , s'acquiert et se constate par l'observation et par l'expérience. Elle résulte uniquement de la connaissance des faits . C'est là une chose fondamentale que l'éducateur doit imprimer dans l'esprit des enfants d'une manière ineffaçable . Il en résulte une habitude de sincérité absolue, fondée sur cette conviction que la vérité en tout ordre est indépendante de notre volonté et de nos désirs. Celui qui essaie de tricher avec la vérité se trompe lui-même… Et la science, en même temps qu'elle nous apprend comment on peut découvrir la vérité, nous montre que cette recherche est difficile et sujette à défaillance ; elle nous enseigne la modestie »

Cette vérité pousse l'enfant à remonter des effets ou causes, c'est-à-dire de ce que l'on voit à ce que l'on ne voit pas .

Il y a d'ailleurs en lui une tendance naturelle à procéder ainsi , mais qui demande à être fortifiée .

L'enseignement des sciences fait prendre aussi aux enfants l'habitude de ne rien accepter sans contrôle, d'examiner toute chose avec attention, de passer tout raisonnement au crible de la raison ; il écarte le surnaturel et le miracle , affranchi l'intelligence des préjugés et les superstitions .

En ce sens, on peut dire que l'étude des sciences élargit et élève la pensée et qu'elle est une étude libératrice de l'esprit.

Elle tend aussi à ancrer dans les jeunes cerveaux cette vérité scientifique que rien n'est immuable et que tout est soumis à la grande et fatale (inéluctable , contre lequel on ne peut pas lutter, qui ne peut manquer de vous atteindre, auquel on ne peut échapper ) loi de l'évolution. Elle montre que si le progrès ne se produit que lentement, il est néanmoins réel, et que même, depuis moins de deux siècles , le génie de l'homme a créé des merveilles qui excitent au plus haut point notre admiration et autorise tous les espoirs.

Elle a supprimé les distances, elle a conquit l'air , la profondeur des océans , l'espace … où s'arrêtera-t-elle ?
Les vieux rêves de l'alchimie renaissent de leurs cendres .

En même temps, cette étude de la science apprend aux élèves à connaître et à vénérer les noms des grands hommes illustres qui ont créé cette science éternelle ( qui est sans commencement ni fin, étant hors du temps ; qui n' aura pas de fin, dont on ne prévoit pas la fin bien qu'ayant eu un commencement ) .

« Dire les choses à un enfant, puis les lui montrer, ce n'est pas lui apprendre à les observer, c'est faire de lui un simple réceptacle des observations d'autrui, c'est affaiblir plutôt que fortifier sa disposition à s'instruire spontanément, c'est le frustrer du plaisir de la difficulté vaincue . »
Herbert Spencer

Prenez connaissance, attentivement, du contenu de ce texte , car l'ensemble des notions qui contient , constitue un des piliers,un des appuis, parmi les plus solides sur lesquels vous serez amené à faire reposer votre réflexion en vue de progresser dans l'acquisition des connaissances .

Fidèlement vôtre , Esiobreg , la petite soeur de Gerboise .

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